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Méthodologie de recherche : Démarches d’investigation

Cours du 26.01.09 – Nassira Hedjerassi

En préambule : Travail demandé

  1. Évaluer de manière critique un article scientifique : Délai 9 Mars
  2. Rediger une note : argumenter la démarche envisagée pour notre projet : Début Avril

Les démarches d’investigation

Chronologie :

  1. « Thème »-Sujet —> Revue de la littérature : Construction d’une problématique –> Question(s) de recherche
  2. Plan de recherche —> cadre théorique / Hypothèse —> Options épistémologiques
  3. Choix d’une méthodologie de recherche —-> Corpus : Préciser le méthodologie de recueil et d’analyse —>Recueil de données —> Diffusion

Toute investigation s’appuie sur un choix épistémologique : renvoie à l’étude et la construction des connaissances jugées valides sur le plan scientifique.

Modèle positiviste vs modèle compréhensif

2 traditions scientifiques se sont opposées sur la manière de considérer le rapport entre l’objet de la recherche et le sujet.

Le paradigme positiviste : N’est pas une spécificité des sciences humaines et sociales / autres sciences > La démarche est de même nature que les sciences de la nature (La réalité n’existe pas en dehors du sujet)
L’objet -> soumis observation ou expérimentation –> de façon objective et de façon neutre. La validité va dépendre de l’observation de ces principes.
On parvient à expliquer des processus, des phénomènes mais on n’arrive pas à comprendre le sens de ces phénomènes. On s’attache à l’extériorité. On apporte la preuve, on vise l’explication d’une loi/théorie.

Le paradigme compréhensif : Issu de la philosophie (les phénoménologues), il prône l’autonomie / autres sciences–> La réalité est construite par le sujet, dépendante du sujet. Ce qui est central ici, c’est le sens-la signification (comprendre le sens-la signification pour le sujet). Ici c’est la subjectivité qui prime. Elle est double : cellle du chercheur et celle du sujet.
Ici on s’attache à l’intériorité, on s’attache à la singularité.
Ce travail, l’analyse, nécessite un travail d’interprétation (Herméneutique). Il s’agit de saisir scientifiquement la signification subjective.

Dans la démarche de recherche envisagée, se demander quelle est la visée épistémologique de départ : préciser si on cherche à expliquer (connaître) ou si on cherche à comprendre.

2 modes de constitution des connaissances

  1. Nomothétique (Positivisme)
    >Vise à dégager des lois/théories
    >Unité des sciences, recherche « canonique »
    >Méthodologie des sciences de la nature
    Elle utilise principalement un concept de causalité pour dégager des lois. Elle utilise l’expérimentation (plans expérimentaux, procédures de recueil des données quantifiables et mesurables, reproductibles).
    On part des faits, par induction on construit des lois et théories (on déduit), puis on prédit.
  2. Hermeneutique (Compréhensif)
    >Humain : Complexité –> Mise en avant de l’autonomie.
    >Démarches qui visent la compréhension (historique, anthropologique, psychologique(?)) = Démarche herméneutique. Elle s’intéresse aux motivations, aux raisons, aux croyances des sujets…
    C’est une démarche clinique (se pencher vers).
    Le chercheur développe une méthodologie propre qui va saisir l’originalité irréductible d’un événement. Il construit ses propres outils, ils visent à éclairer la signification donnée
    Le recueil se fait à partir de données qualitatives.
    Le travail opère par induction : logique inductive
    On va chercher à comprendre les sujets dans leur contexte, leur complexité.
    L’approche compréhensive vise à établir a posteriori des raisons et des motivations, et non a priori des lois explicatives.
    Ici le point de vue du chercheur est important, tous les sujets sont égaux, pas de hiérarchisation. La validité est assurée par le croisement de données (pluralité du recueil de données).

Phasage de la recherche (après revue de littérature et problématique)

  1. Se situer d’un point de vue épistémologique : je cherche à expliquer ou je cherche à comprendre !
    Positivisme : L’objet est extérieur, indépendant, découpé en variables déterminantes (classe sociale par ex. permet d’expliquer ce que j’étudie). L’hypothèse est le point de départ. La démarche n’est pas itérative
    Compréhensif : L’objet est complexe. On ne cherche pas à vérifier ses hypothèses d’emblée, les hypothèses arrivent après le recueil des données et leur analyse. La démarche est itérative
  2. Méthodologie :
    Positivisme : Le protocole est construit à priori, rigide. Il vise le recueil de données quantitatives (statistiques…).
    Compréhensif : Construite au fur et à mesure . Il vise le recueil de données quantitatives (sémantique…)
  3. Résultats.
    Ils sont susceptibles d’être transformés en savoir s’ils ont une validité scientifique.
    Positiviste : construction/modélisation d’une loi
    Compréhensif :Modélisation analytique (processus). S’interroger sur la transférabilité du modèle!
  4. Diffusion

Notes :

  • Choix de la littérature : Uniquement ce qui relève de la production scientifique, validé en tant que telle.
  • Le processus de recherche nécessite une actualisation de la littérature, notamment la démarche compréhensive : démarche itérative
  • On retrouve des hypôthèses dès le départ dans une logique déductive, courant positiviste.
  • La démarche compréhensive prend plus de temps de recherche que la démarche positiviste
  • Impasse de la distinction entre sciences « nomothétiques » (s’intéressant à la matière) et sciences « idéographiques » (ou herméneutiques, interprétatives) (s’intéressant à l’esprit, à l’homme). Cette distinction caricature à la fois les sciences de la matière et les sciences humaines. Toutes les sciences sont nomothétiques, car elles s’efforcent de dégager des lois objectives et contraignantes. Toutes les sciences sont aussi herméneutiques, car pour constituer un fait ou le vérifier, il faut en définitive trouver ou retrouver dans une intuition une abstraction exprimée dans un énoncé (perdu la source :°)).

Ressources

> Université du Québec 3 rivières : Metho-lca, site destiné à l’enseignement et l’apprentissage de la méthodologie de recherche. On y trouve entre-autres les étapes du processus de recherche.
> Université catholique de Louvain (contient un résumé des paradigmes méthodologiques et des indicateurs permettant d’évaluer sa recherche) Quels critères pour évaluer des recherches en didactique ?
> Résumé de cours d’un étudiant méthodologie de recherche
> Université du Qébec : L’épistémologie présentée et résumée (définition, histoire…).
>
Guide général pour la préparation d’un projet de recherche. Excellent!
> L’origine des deux paradigmes de recherche en pdf
> Realités, subjectivités,crédibilité en recherche qualitative, 13 p. : Objectivité vs subjectivité

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