Communautés de pratique
Des écosystèmes pour l'apprentissage, le travail et l'innovation.
Analyse de contenu

Seminaire Mischa – NH le 05/03/09

Introduction

Technique qui permet l’examen méthodique, systématique et objectif
50′ : Dégager par une analyse plutôt qualitative le contenu manifeste des communications dans le but de les interpréter. (Berelson)

Maintenant, l’analyse porte aussi sur des éléments implicites.

Finalité
1- Interpréter : Rechercher des informations, qui parle, qu’est ce qui est dit, par quel canal, intention…
2- Dégager du sens

Le W d’analyse consiste à ordonner l’ensemble des données que contient le discours (regroupements) > opération de catégorisation

Il n’y a pas de règle de méthode. L’analyse de contenu procède + de l’artisanat qu’un savoir transmissible.

Les conditions de fiabilité

  • Objectivité
  • Exhaustivité
  • Systématicité
  • Méthode
  • Mesure

Phase 1: pré-analyse

« Lecture flottante », repose sur l’intuition du chercheur.
Pour construire l’organisation de ces données :
Soit catégorisation de l’analyse issue de lectures scientifiques et des hypothèses
Soit les catégories vont se construire après lecture.
L’usage des deux servira à asseoir pertinence de la catégorisation.

La validité va se décliner en :

  • Validité apparente
  • Validité instrumentale (2 instruments différents devraient fournir environ les mêmes résultats
  • Validité théorique

Pour tenir la route (éviter l’invalidité), cette phase consiste à construire des preuves, variées, pour étayer une interprétation correcte (pas de données divergentes ou contradictoires), une analyse pas assez poussée sur les divergences.
Il faut trianguler les catégorisations entre plusieurs chercheurs et les conclusions entre les chercheurs et les sujets observés. Cela signifie qu’il faut aussi construire des catégorisations appropriables par d’autres chercheurs.
Toutes les techniques doivent être explicitées : Documenter les techniques, les procédures, « les coulisses »

En jeu : la crédibilité, la transférabilité, la constance interne de l’analyse (indépendance entre les catégories et les interprétations), la fiabilité.

L’analyse de contenu relève de techniques polymorphes..

Techniques d’analyse

Une tendance : L’automatisation de Pêcheux qui a mélangé les apports de la psychologie, de la philo, de l’informatique. Certains logiciels permettent un traitement des données (par ex Lexico)

Analyse thématique: le W va consister à repérer un thème qui ne va pas se réduire à une catégorie sémantique mais plutot à une entité de sens implicite qu’il s’agit de mettre en évidence. Le W consiste à identifier l’ensemble des thèmes sous jacent afin de comprendre la structure des significations du discours.

Les indicateurs sont des instruments qui servent à fournir des indications. Il faudra lister l’ensemble des indicateurs pour objectiver les intuitions de lecture de départ.

Plusieurs types d’analyses possibles pour construire ses indicateurs :

  • Analyse lexicale (fréquence -présence absence, apparition…-, registre). Démarche quantitative. > La quantification est utilisée pour contribuer à la démarche qualitative dans ce cas.
  • Analyse syntaxique
  • Analyse sémiotique

> Ce sont des indicateurs qui vont permettre de recenser les indices.

Exo : analyse de langue
Catégorisation thématique. Objectif : A partir des données brutes, encoder (catégories) pour ensuite interpréter.

Une catégorie est une construction. Une catégorie est suffisamment extensive et intensive.
L’analyse de contenu était controversé car il reposait trop sur la subjectivité de l’analyste. Ill faut donc que l’analyse repose sur un corpus méthodiquement construit (démarche explicite), théoriquement contrôlé (issu du W de problématisation et de la lecture scientifique)

3 types d’interprétation : Interprétation erronée, sur-interprétation, sous-interprétation.
Le W d’interprétation en Recherche. : C’est un travail de sur-interprétation contrôlé (Lahire).
La limite de collecte des données (échantillon raisonné), des catégories, de l’interprétation n’est pas quantitative, elle provient de la saturation théorique (davantage de données, de catégories, d’interprétation n’apporteraient rien de plus signifiant).
La place du langage :
Le langage n’est pas le reflet du monde, il est le langage de la pratique, du contexte, du sujet. Il faut considérer le langage dans toute sa complexité :

  • Contenu manifeste > le dit
  • Le non dit (implicite)
  • Extra langagier

Dans le langage courant, les mots font l’objet d’usages concrets et multiples. Un même mot peut varier d’un individu à l’autre et dans un même discours (question de la signification). C’est pour cela que l’analyse automatisée perd le sens des mots employés, le contexte.
Le langage est toujours situé et toujours en situation (dimensions contextuelles et sociales. On a autant de significations que de contextes. Le sens est renouvelé de manière illimitée(?). On ne va pouvoir analyser que les textes en situation. Le langage en usage n’est pas une abstraction que serait suspendue au dessus de la réalité sociale. Le langage est immergé dans l’ensemble des activités quotidiennes en actes. On travaille sur le langage et non la langue (structure). Ce qui intéresse, c’est le rapport du sujet avec le monde, pour cela, l’hexis est important (Dispositions corporelles de Bourdieu – donc repérer les gestes, mimiques, les traces du comportement pendant la prise de notes) : L’analyse porte aussi sur les attitudes, les valeurs, les opinions. Le W porte sur le dit et le non-dit. Il faut s’attacher à la complexité et la diversité des sens en jeux.

L’analyse de discours : C’est l’analyse des énoncés en situation

Le dit > l’énoncé ; Le dire > l’énonciation.

Différentes approches de l’analyse de discours

1- Ethnométhodoloqie et linguistique :

Analyser les discussions en situations : qui parle quand ? Quel rôle joue tel élément linguistique ?
Ne s’intéresse ni au contenu, ni au contexte, ni au pourquoi. Il s’intéresse aux méthodes des participants pour créer la cohérence, uniquement dans la situation.

2- Linguistique programmatique

Prend pour analyse un ensemble de textes écrits qui portent sur un même sujet (ex. discours xénophobes, racistes) pour comprendre le même phénomène. On procède à un échantillonnage pour identifier des mots clés, familles sémantiques, analyser les transformations de ces familles sémantiques et voir apparaître de nouveaux concepts

3- Théorie du discours
Les référents du discours : Philo (Foucault). Pouvoir, savoir, connaissances

4- Analyse critique du discours
Croisement des W de Foucault avec le Marxisme…pour mettre en exergue les fonctionnements idéologiques des pratiques langagières (analyse en situation)

5- Approche culturaliste et sociologique
Travaux d’analyse de discours public (Bourdieu).
Objet : Analyser le développement et le fonctionnement des univers symboliques dans le monde social.

Débat autour des approches
Orientation macro (Foucault) : trop abstraite…
Orientation micro : trop micro. Ne réfère pas suffisamment au contexte.
Pour sortir de l’impasse….combiner des perspectives théoriques et empiriques
L’analyse de discours se trouve au carrefour de différentes traditions à l’œuvre : L’école française 60′ influencée par la psychanalyse et le marxisme. On s’intéresse aux rapports sociaux en jeu.
L’école américaine…approche empirique, ethnologique….
Depuis 90′, l’analyse de discours est maintenant utilisée en sciences sociales dans milieu universitaire.

Travail sur l’énonciation
En rupture avec approche traditionnelle: le discours n’est pas un miroir de la réalité. Les discours ne livrent pas des informations objectives. Ex. un couple…ce qui s’échange ne peut se comprendre que d’eux car ils partagent un contexte de référence commune. Le W d’analyse peut faire ressortir ces éléments
Le W d’interprétation du discours ne va pas se limier à la prise en compte exclusive de ce qui rentre dans le cadre de ce qui rend compte de soi…La vérité ne sort pas directement de la bouche des enquêtés. Le W du sociologue : analyse des nombreux aspects passés/présents de l’enquêté qui n’entre pas dans le champ de conscience et d’intérêt de ce dernier. Un travail d’interprétation. Considérer comme une pratique à la fois déterminée et contrainte par le social et déterminante (produisant aussi des effets et contribuant à le transformer)
L’enjeu : comprendre le sens pour le sujet. Comment le sujet va imprimer sa marque dans le processus d’énonciation. Chercher à repérer la marque de l’énonciateur à l’intérieur de son discours. Il faut dégager du sens en dehors de ce qui est dit (sur-interprétation).

Comment le sujet s’approprie son discours (présence/distance)? Repérer les traces. Toute production langagière part de qqu’un, s’adresse à qqu’un et parle de qquechose. Attention, des stratégies permettent de se cacher!
L’enjeu : apercevoir que le discours est construit en fonction de l’enquêteur (ce qu’il pense de l’enquêté), et de ce qu’imagine l’enquêté de ce qu’imagine l’enquêteur de lui. Il faut tenir compte donc de la situation d’entretien. L’en quêté développe des stratégies et le W d’analyse ne doit pas faire abstraction de la subjectivité. Analyser l’activité du sujet parlant telle qu’elle est gérée par l’agencement du discours lui-même (comment le sujet se rapporte à la situation et comment…?)
L’analyse de l’énonciation
Des indicateurs linguistiques (les embrayeurs) renvoient au moment (Nunc), au lieu (Hic), à l’énonciateur et au destinataire…ils renvoient à des référents extra linguistiques…permettent d’articuler un énoncé sur sa situation d’énonciation.
On a des embrayeurs personnels, spatio-temporels. On des embrayeurs déictiques qui permettent d’introduire dans le discours des objets ou des personnes qui font partie de la situation (je, tu, ici, maintenant).
Parmi les embrayeurs personnels : ttes les marques de la 1ère personne au singulier ou pluriel ou tout ce qui a cette même valeur (ex. on fait une pause, on est un embrayeur personnel ainsi que des traces : j’ai rencontré une amie, comprendre une « de mes » amies) ainsi que les marques de la deuxième personne (je + tu).
Autre catégorie, les embrayeurs spatiotemporels, spécifiés par des familles déictiques. Par exemple certains adverbes de lieu ou circonstances de lieu. Les circonstances du temps de l’énonciation. Ex. Regarde cet arbre, l’objet arbre fait partie du temps de la locution.
Autre indicateur, l’anaphore renvoie à un élément du récit. Ca renvoie au récit ou à l’énonciation.

Cf exos feuille volante : repérer les embrayeurs
Je reviens demain ; Tu remettras cet outil là-bas…

Les modalités
Renvoie à un pt de vue du sujet parlant sur l’énoncé dit ou encore sur le contenu propositionnel. La modalisation recouvre toutes les marques de présence du sujet dans son discours. Cette entrée par les modalisations permet de repérer la distance que le sujet met entre lui et ce dont il parle. Ce qui est important, analyser les procédures de distanciation. Comment le sujet objective le savoir en le posant comme une entité extérieure au sujet existant par lui-même? Comment le sujet s’objective lui-même ?
Utilisation modélisée vs utilisation référentielle
Le langage est un véhicule. L’énonciateur est absent de son propre discours.
La modalisation se manifeste à travers des jugements (nécessité, probabilité, possibilité), appréciations (utile, agréable…), commentaires (formes linguistiques très variées, ex. parenthésage : peut être, nécessairement, évidemment…).
Mode de la phrase : interrogatif, exclamatif…
TD : étude de texte politique : repérer les embrayeurs personnels, les modalités, le tout à rapporter dans un contexte.

Leave a Reply