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Démarches d’investigation

Cours Méthodologie M2 – NH – 7/9

Séances suivantes : une dizaine de mn pour présenter : Analyse épistémologique poursuivie, éléments de problématisation, l’ensemble de la démarche avec argumentation.

Rappel : OBSERVATION PARTICIPANTE

4 types selon statut et rôle observateur (Dégré de participation) et le dévoilement de l’identité :

  1. Participant complet
  2. Participant observateur
  3. Observateur participant
  4. Observateur complet

Typologie de JUNKER 1960 ppt

Participant complet: Anonymat de chercheur – Cache ses activités de recherche, ne se dévoile pas – L’observateur participe pleinement aux activités du groupe étudié sans dévoiler son identité – Problème éthique – Nécessité d’une embauche.

Participant qui observe: Dévoile son identité aux organisateurs pour négocier le terrain – Activité de recherche dissimulée derrière participation ( barmaid qui se fait engager pour observer)- L’observateur participe aux activités du groupe étudié > Le plus souvent en gestion (stage, etc.)

Observateur participant: Participe. identifié de tous comme chercheur.

Observateur complet: Dévoilement total mais ne participe pas. Le chercheur observe sans avoir de contacts directs avec les sujets.

Participant renvoie à anonymat// Observation à chercheur dévoilé

Observateur participant : deux modes

  • Interne : le chercheur connaît le terrain, y a travaillé et/ou continue de le faire en tant qu’acteur. Se    retrouve en ethno, éducation, social,  cf. BOUMARD «les savants de l’intérieur». Nécessite un travail de distanciation.
  • Externe : observation clandestine qui implique de se faire embaucher/enrôler pour observer une organsiation. Seul l’employeur saurait dans ce cas (ex. sociologue embauchée comme caissière, mais observe)

QUOI OBSERVER ?

  • Avec grilles ou pas
  • Notes d’observations (intuitions, impressions entermes d’analyse qui servira à l’interprétation) constituées de 3 types de données brutes d’observation :
    1. Tout ce que le chercheur juge pertinent,
    2. Interactions Obervateur/observé,
    3. Impressions du chercheur
    4. On précise si chercheur est identifié

> Encodage nécessaire – Transcrire pour utilisation ultérieure.

ENTRETIENS

A- Collectifs : de groupe ou ciblés (focus group : cibler un public donné dans le groupe, fréquent en marketing)

B.Individuels
* Directifs / Semi directifs/ cliniques
* En lien avec l’activité, l’action :
Entretien d’auto confrontation simple (Jacques Theureau :Vidéo/ chercheur/sujet /image) > Voir Jacques Theureau à ce sujet
Auto confrontation croisée ( Yves Clot : vidéo/ chercheur /collectif professionnel/image). Voir  par ex. Genres et styles en analyse du travail : Concepts et méthodes de Y. Clot
Dans le prolongement : Méthode du sosie. Un travailleur explique son travail à qqn qui doit le remplacer.
Entretien d’explicitation (de Pierre Vermesch, voir site de François Muller à  ce sujet). Avec traces mnésiques ; le chercheur observe te part ensuite de l’observation partagée. Il s’agit de faire verbaliser le sujet. L’entretien se déroule a posteriori, après l’entretien portant sur l’explicitation
= « ensemble de techniques qui ont pour but de favoriser, solliciter, aider la mise en mots descriptive de la manière dont une tâche a été réalisée »

Ces trois techniques d’entretien visent à mettre à jour les procédures utilisées par le sujet au cours de son activité

QUESTIONNAIRES

Ensembles d’items ou questions ouvertes ou fermées
Travail préalable :

> traduire en indicateurs les éléments de recherche identifiés en problématique. Difficulté : éviter les ambiguïtés des formulations : Une seul sens doit être possible (éviter des interprétations divergentes).
> Commencer par un pré test (sur une vingtaine de personnes, pour cerner les difficultés ou ambiguïtés de compréhension -> bonne compréhension du sens , pertinence des termes employés, population ciblée, rechercher les ambiguités…)
> Fixer durée de passation. Veiller au bon équilibre entre questions ouvertes et fermées.

Standardisation du questionnaire pour le soumettre à la passation.
3 modalités d’administration :
– Face à face (inconvénient : coût économique et en temps, peu utilisé)
– Par téléphone : peu prisé en sciences sociales
– En auto administré : le plus économique, le plus rapide. Problème rencontré : faible retour des questionnaires. Relances nécessaires (sans relances : 15 % de retour, avec 70%)

! Problème de clôture du questionnaire qui n’est jamais neutre ( il est construit sur des catégories valant pour le seul chercheur)
! Problème échantillonnage (Combien de questions, de temps ?). Le questionnaire repose sur échantillon « représentatif » de populations ciblées. Différents modes d’échantillonnage :
– probabiliste (tirage au sort sur échantillon large)
– échantillon par cas unique ( in approche compréhensive) :

Échantillonnage dans une démarche compréhensive et interprétative :

Echantillonnage par cas unique : je dégage les processus à l’œuvre pour fabriquer ma définition. L’étude de cas me permet de fabriquer ma définition, de construire la compréhension de mes sujets d’étude. Ce peut être :

* une catégorie (acteurs, profs, à bien définir et circoncrire),
* un milieu (école, asile psy – Goffman) ,
* des événements (émeutes de banlieues novembre 2005)
> Se pose la question de la validité de la généralisation

Cas uniques : Travail d’induction analytique

Cas unique-> intelligibilité qu’on construit en dégageant une constellation  de sens  qui me permet de construire l’objet d’étude. Si elle est pertinente, cette constellation pourra s’appliquer à d’autres cas.
Goffman : au départ un asile, montre que c’est une institution normative, avec ses normes et valeurs, que les internés sont amenés à intégrer par des rituels de passage. Montre que si les sujets les intègrent, ils développent aussi une résistance à la culture institutionnelle. Etude d’un asile, de la logique à l’œuvre ->  tout établissement de ce type => théorisation généralisable ( ce qui importe, c’est la solidité de la constellation de sens  produite qui doit permettre la généralisation.
Importance : la puissance analytique de ce qui est compris

Echantillon par cas multiples :

* Problème de délimitation de l’échantillonnage
* On diversifie le plus possible

Saturation lorsque l’empirie n’apporte rien de plus sur le plan analytique et que la satbilisation a été atteinte > Les constellations de sens engrangées suffisent à rendre compte des nouveaux cas. Ce principe de saturation permet d’affirmer que la théorisation est stable, achevée.

Dans l’approche compréhensive, l’échantillon repose sur peu de cas, l’approche est intensive, c’est sa force d’analyse qui compte et non la quantité de matériaux recueillis  (Ex. Blanchard Laville Paris 10, travaille sur qq mn d’une leçon de maths. Voir article.
L’échantillonnage est souvent dynamique (sans a priori), du nouveau apparaît en cours de recherche.

Ainsi (récapitulatif), l’échantillonnage in approche compréhensive :

  • variation maximale : Le plus de cas contrastés possible ( ??)
  • Echantillonnage homogène : on identifie les paramètres congruents pour délimiter au mieux
  • Intérêt pour cas critiques ou atypiques  (quand je travaille sur échec scolaire, intérêt pours cas de réussite atypique)
  • Représentativité (saturation) théorique
  • Cas validant ou invalidant
  • « Effet boule de neige » : pas de critères prédéfinis quand je commence un entretien ; Cette personne me donne de nouveaux contacts qui font boule de neige
  • cas extrêmes ou déviants renvoient à normes
  • Cas orientés (aléatoires) utilisés quand échantillon potentiel trop large -> tirage pour former des sous-groupes suivant variables  significatives
  • Echantillonnage critérié (raisonné)  un certain nombre de critères défini, assure la qualité de ces produits
  • Echantillonnage opportuniste : je vais à l’aveugle, je cherche de nouvelles pistes, explore l’inattendu
  • Echantillonnage combiné ( par triangulation)
  • Ech de convenance :  le choix des individus est basé sur des critères pratiques.

L’ETAPE de collecte, organisation et présentation des données

Avant la phase d’analyse et d’interprétation ds données

Prise de notes et transcription durant observation, (re-)transcription des notes, enregistrements ( à transcrire, mettre  en forme)…Comment faire, notamment quand sur durée longue > Condensation des données pour les analyser.

Différentes formes de condensation :
La condensation est déjà une forme d’analyse (trier, élaguer, organiser les données brutes pour qu’on puisse en tirer des conclusions et les vérifier). Difficulté : on risque de détacher des données du contexte, mais la réduction est indispensable pour le traitement ultérieur.

Pour éviter des surinterprétations ou des interprétations erronées :
– utiliser un lexique rigoureux
– convenir des règles de codage
– les respecter.

Pour retraduire les données brutes : quantification (= perte de la force d’analyse) :
* La condensation n’est pas la quantification, mais un résumé, une mise en mots
* organisation/ présentation des données qui permet de visualiser les données dans un espace réduit, de planifier les analyses futures et de mettre en comparaison les données recueillies, par
– figures ou graphiques (convient bien aux données quantitatives)
– matrices ou tableaux descriptifs ou explicatifs
? Constellations de sens

In analyse qualitative, processus en boucle. On a le schéma  global suivant ( itératif)

Collecte données <-> condensation données -> présentation données-> conclusion/ Elaboration
C<——————————————————> P
C<————————————————————————————C/E
Cd<————————————————————–C/E

Remarque. Noter/ les données ( plus judicieux de parler de « donnés » ?  Ce sont des sources de donné. Il n’y a pas de données brutes qu’il suffirait de « cueillir » (comme disent les Canadiens), tout est objet de construction : être conscient du BIAIS qu’on introduit en construisant des données

L’ANALYSE de contenu

But : produire de nouvelles connaissances et de l’intelligibilité

Historique

* Données qualitatives : analyse de contenu ( USA, début du siècle, notamment dans le monde du journalisme) ; études essentiellement quantitatives, on a cherché à en faire un outil normatif, conception qui va perdurer ( en France ?) jusque dans les années 70.
* Aux USA, par contre, dès les années 50, mise en doute de cette conception normative avec préoccupation plus cliniques ( prise de conscience de l’inconscient) conjuguée avec approches statistiques (on utilise de plus en plus l’informatique pour le traitement des données).

ANALYSE   DE   CONTENU ( AnC)

Ensemble de techniques qui cherchent à articuler le souci de rigueur (objectivité)- avec la richesse de la subjectivité. Objectif : dégager des significations qui aillent au-delà du sens premier (rupture épistémologique : on veut dépasser le sens commun).

AnC prend la forme de l’analyse catégorielle (on décrit le corpus) construction de catégories – dépend du cadre conceptuel théorique et des questions de recherche.
Pour le travail d’interprétation, construire des indicateurs (élément objectifs) de différents types  (sémantique, linguistique, extra linguistiques : mimiques, gestuelle). L’interprétation doit constamment se référer à ces indicateurs.
Identification et élaboration des indicateurs= phase importante.
Difficulté de l’approche compréhensive  pour AnC : pas de modèle théorique, mais « bricolage »

Quelques techniques d’aide pour l’analyse, en fonction des objectifs de recherche:
– La plus répandue : l’analyse thématique qui définit des noyaux de sens,
– Analyse structurale du récit,
– sémiotique,
– De l’implicite.

Limites : s’assurer du codage, des catégories retenues in fine  (si elles sont pertinentes, un autre chercheur trouverait les mêmes). Les catégories sont constantes tout au long du travail (stabilité).

Importance de la triangulation méthodologique (utiliser le plus possible différentes formes d’AnC).
TD : Consignes pour présentation :
Visée épistémologique.
Construction de l’objet d’investigation
Revue de la littérature
Cadre théorique/conceptuel
Choix  méthodologiques logiques (expliciter) : du terrain, de l’échantillon, du choix des techniques (/enregistrement des données)
, de la méthode d’analyse.

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