Communautés de pratique
Des écosystèmes pour l'apprentissage, le travail et l'innovation.
Conditions de fonctionnement des communautés dans des espaces numériques
Categories: Fiches de lecture

De Thérese Laferrière, Isabelle Nizet (Chap.12, p.157-175)

Un essai de compréhension de la dynamique de participation, et plus spécifiquement de la co-construction de connaissances entre des stagiaires en enseignement engagés dans une démarche d’analyse réflexive, montre que les intentions perceptibles des participants ainsi que les effets repérables de leurs contributions sont des objets de connaissance auxquels l’animateur d’une communauté d’apprentissage, voire d’une communauté de pratique, peut porter attention (p.173)

L’étude et sa démarche compréhensive sont parfaitement présentées sur la base d’un comparatif de 3 forums…

Analyse de 2 dimensions des CoPV

La dimension organisationnelle

> Conditions internes et externes – niveau méso : Engagement, entreprise conjointe, répertoire partagé

Des connaissances en psychologie des organisations, en pédagogie ou en psychologie de groupes seraient utiles aux animateurs pour relever le défi de la condition de l’engagement des participants (p.160, voir biblio)

Le projet du CEFRIO a permis de relever 4 activités de base : L’appel à tous, le partage d’une information connue, la contribution à un exercice planifié et la contribution à une production collective originale (Rapport de recherche Lafferrière, Campos, Benoit, 2004, pp.46-48)

La construction des connaissances est à la fois le but et l’effet de la collaboration au sein d’une communauté virtuelle (p.161)

On s’approprie la connaissance quand on a la possibilité d’en produire (cite Schwartz, 1999, p.199)

L’intensité de l’interaction ne tient pas seulement à la fréquence des échanges mais aussi à leur capacité à influencer le cheminement conceptuel du ou des pairs ou collègues

La dimension conversationnelle

> Conditions des échanges – niveau micro : La co-construction des connaissances est une condition pour un fonctionnement efficace et qui se manifeste à travers le partage des connaissances déjà acquises, le développement d’intercations génératrices de connaissances et une distribution du savoir entre participants (p.162)

La dynamique de co-construction des connaissances a été analysée à partir d’une grille repérant les intercations qui manifestent :

  1. que les participants établissent diverses connexions entre eux
  2. des divergences dans les informations qu’ils fournissent et les interprétations qu’ils formulent
  3. une appopriation des d’outils conceptuels et techniques

Ils caractérisent la démarche sociocognitive et conversationnelle grâce à des éléments d’observation :

  • la connexion : contribution à caractère socioaffectif
  • l’extension : dépôt de connaissances et de croyances, prise de connaissances des propos
  • l’appropriation : négociation de sens incluant l’actualisation des convergences et divergences et la manifestation des effets résultant des interventions au plan de la cognition individuelle ou distribuée

Dans leur étude, les interactions font émerger un modèle descriptif :

  • Contributions socioaffectives
  • Contributions sociocognitives de niveau 1 : visent l’espace cognitif d’un pair ou d’un groupe (dimension de résolution pb ou démarche réflexive)
  • Contributions sociocognitives de niveau 2 : impact manifeste de l’intervention d’un pair sur son propre espace cognitif (de l’acceptation d’une intervention antérieure à son rejet)
  • Contributions métacognitives
  • Ils couplent à celà des descripteurs permettant la prise en compte des intentions implicites et de leurs effets

Tableau 1 (p.168) – Le modèle dynamique de participation et ses composantes. Des révélateurs de co-construction de connaissances.

Effet

Intention

Soi

(Connexion)

Autrui

(extension/tranformation)

Communauté

(appropriation collective)

Centrée sur une résolution de pb à court terme Zone A :

Empathie – Projection

Zone B :

Suggestion ou prescription

Zone C :

Mise en commun

– Présentation d’une expérience pb. similaire
– (Re-)formulation du pb. posé en ses propres termes
– Expression de satisfaction personnelle
– Accord affectif avec un participant
– Appel à la collaboration
– Description du pb. (en terme de perception d’un écart)

– Offre des solutions utilisées

– Prescription de solutions

– Suggestion de principes à appliquer

– Mise en commun de solutions au pb.

– Pistes de solutions formulées en « nous »

– Manifestations de solidarité

Centrée sur l’analyse du problème Zone D :

exploration de possibilités

Zone E :

confrontation d’idées

Zone F :

compréhension collective

– Formulation d’hypothèses sur les causes du pb.
– Evocation de principes à appliquer
– Questionnement
– (Re-)formulation du pb.
– Référence à un hyperlien
– Référence à une analogie
– Confrontation d’une idée ou d’une piste de solution
– Remise en cause des conceptions ou des croyances évoquées
– Prise de distance conceptuelle
– Invitation à transformer sa vision du pb.
– Suggestion de solutions transférables
– Nouvelles formulations du pb.
– Enonciation de principes et de solutions résultant d’un consensus

– Formulation de principes rassembleurs (attitudes et actions)

Centrée sur la progression des connaissances Zone G :

expression d’assentiment

Zone H :

élaboration de la pensée

Zone I :

métagestion de l’activité collective

– Accord cognitif avec le destinataire

– Accord cognitif avec un auteur

– Acceptation de la confrontation
– Appropriation d’éléments apportés par un participant
– Transfert projeté de solutions dans une pratique ultérieure
– Transfert efficace de solutions
– Dépassement de sa logique personnelle
– Dépassement du conflit
– Nouvelle perception des actions à entrprendre
– Amorce de réflexion sur la pratique
– Nouvelle compréhension du pb.
– Manifestation d’un conflit intérieur
– Ambivalence
– Doute ou rejet quant au transfert de solutions
– Synthèse de la discussion

– Analyse de l’état de la discussion

– Bilan de la discussion

– Médiation dans la polémique
Clôture

Nous suggérons qu’un processus intentionnel et effectif de co-construction de connaissances puisse et doive se manifester pour donner une valeur ajoutée à la communauté virtuelle et compenser l’effort exigé des participants (p.174)

Source

Laferrière, T. et Nizet, I., (2006). Conditions de fonctionnement des communautés dans des espaces numériques in Daele, A. et Charlier, B. (2006). Comprendre les communautés virtuelles d’enseignants : Pratiques et recherches, L’Harmattan, Paris, pp.157-175.

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