Communautés de pratique
Des écosystèmes pour l'apprentissage, le travail et l'innovation.
Construction identitaire et culture des communautés
Categories: Fiches de lecture

De Jacques Audran et Dominique Pascaud (Chap. 15, pp.211-226)

Les auteurs développent les aspects de participation-réification dans le processus de construction identitaire et qui résulte de la négociation des significations au cours de l’action des CoP

Culture des communautés et modalités discursives

L’importance de la modalité discursive tient dans le fait que le discours est témoin d’une pensée, mais en même temps dépasse cette pensée en la faisant évoluer au sein de l’action de socialisation (p.212)

Les messages des listes véhiculent des régulations implicites, différents registres (information, opinion, justification…), des efforts de normalisation sous l’effet de forces de propostions (propositions de nouvelles règles, témoin de l’évolution identitaire)

Pratiques sociodiscursives et registres sémiotiques – Confrontations

Les messages véhiculent des signes qui participent à la construction culturelle, et qu’on peut distinguer (p.215):

  • L’indice : un signe qui n’existe que parce qu’il désigne un objet sans avoir véritablement de caractère commun avec lui (une trace de pas, un bruit d’eau).
  • L’icône : possède des traits communs avec l’objet désigné et procède par plus ou moins granda analogie avec l’objet (croquis, schéma, panneau figurant l’objet)
  • Le symbôle : comme l’indice, est un signe qui ne procède pas vraiment de façon analogique, lais qui opère une désignation grâce à un code conventionnel que doivent partager ceux qui le perçoivent poour l’interpréter correctement

Les groupes s’approprient collectivement ces signes et révèlent la construction identitaire et culturelle.

Il existe un rapport entre le signe et la représentation des rôles. « Dans chaque groupe, on peut ainsi identifier des spécialistes de telle ou telle question, des personnages prompts à répondre aux sollicitations ou à les devancer, des auditeurs attentifs, des questionneurs ou des discutants (p.217) »

Les protestations véhémentes, les polémiques enflammées, les désabonnements brutaux, rappellent que le groupe n’existe que parce que certains adhérent à des valeurs et d’autres et d’autres les abandonnent au fil de leur évolution (Audran, 2001, p.299). L’évolution de l’identité dépend de la « régulation de l’affect » (Bruner, 1997, p.69). Certaines formes de violence, de conflit, sont inhérentes à toute « rencontre » d’idées et génrératrices de transformation de formes identitaires propre à la situation de formation (Kaës, 2000; p.139-154). « Les innovations technologiques modifient l’organisation uniquement en ce qu’elles offrent de nouvelles opportunités de jeux aux acteurs de l’organisation » (Muhlamnn, 2001, p.348)

Conclusion à propos de l’analyse des discours des listes

« Les listes semblent autoriser des formes de pratiques discursives qui, si elles permettent le développement de systèmes symboliques culturels, ne vont pas sans une polyphonie interne qui n’est pas nécessairement génératrice d’harmonie. Du même coup, le caractère polyphonique peut entrainer des formes d’évolution et d’extension ou de dérèglement des ces systèmes, régies par des tensions internes. » La liste serait « un ensemble hétérogène de données mêlant information et régulation symbolique des ces informations qui[…]semblent prises dans des réseaux quasi vivants générateurs de significations culturelles

Source

Audran, J. et Pascaud, D., 2006. Construction identitaire et culture des communautés in Daele, A. et Charlier, B., Comprendre les communautés virtuelles d’enseignants : Pratiques et recherches, L’Harmattan, Paris, pp.211-226.

Leave a Reply