Communautés de pratique
Des écosystèmes pour l'apprentissage, le travail et l'innovation.
Informal Learning in an Online Community of Practice

L’étude

« Quels rôles les communautés de pratique en ligne peuvent-elles jouer pour répondre aux besoins d’apprentissage informel d’une association professionnelle? L’article présente les résultats d’une étude basée sur les expériences de coordonnateurs des Alberta Community Adult Learning Councils qui participent à une communauté de pratique en ligne conçue pour soutenir l’apprentissage informel en milieu de travail. »

L’auteur indique le besoin de comprendre quels facteurs influencent l’apprentissage et la participation dans ce contexte, car la majorité des travaux qui ont été effectué jusqu’à maintenant ont eu lien dans l’éducation supérieure.

L’étude a cherché à comprendre la nature de l’apprentissage informel, les motivations à participer et le rôle joué par l’animateur de la communauté. Elle a porté sur 43 coordinateurs utilisant WEB-CT.

Pour cela, Gray a choisi un cadre qui couvre les notions d’adulte et d’apprentissage au travail, elle a décidé de s’appuyer exclusivement sur la théorie des CoP développée par Wenger en 1991, 1998 et 2001.

Méthodologie

Le contexte de la recherche qualitative a voulu que la chercheuse soit aussi modératrice. La recherche qualitative est une «activité située qui localise l’observateur dans le monde» (Denzin & Lincoln, 2000, p.3). Cette limitation a été compensée, cependant, avec ce que Strauss et Corbin (1990) appellent la sensibilité théorique du chercheur qui comprend les expériences personnelles et professionnelles nécessaires pour repérer les subtilités significatives des données et avoir la capacité de comprendre le contexte. De ce point de vue, son immersion dans l’environnement en ligne en tant que modératrice et chercheuse a amélioré sa capacité à comprendre et à interpréter les expériences d’autres participants. Pour répondre à sa subjectivité et renforcer la crédibilité de la recherche, elle a tenu un journal d’auto-réflexion pour explorer ses conceptions, ses hypothèses, ses préjugés afin que les significations des participants prédominent.

Cette étude a utilisé une approche fondée sur les pratiques et les hypothèses de l’enquête qualitative. La collecte des données comprenait un examen des sources du forum, les transcriptions du chat, l’e-mail et la correspondance entre les participants et l’animateur, un sondage effectué auprès des participants (16 QCM et 7 questions ouvertes, des entrevues sur place avec 11 participants sélectionnés à l’aide de techniques d’échantillonnage (Patton, 1990). Les données ont été analysées exclusivement sous l’angle de la théorie des CoP (Wenger, 1998, 2001). L’étude s’est limitée à l’expérience des coordinateurs qui ont choisi de participer à la communauté en ligne (nbre inconnu)

Résultats et discussions

Les résultats suggèrent que l’animateur a joué un rôle essentiel dans l’amélioration du fonctionnement de la collectivité en fournissant un appui technique, en maintenant le processus de groupe, len développant la dimension sociale de la communauté, et en facilitant l’apprentissage. Ils participent car d’après eux cela facilite leur travail (informations reçues, contacts avec les pairs) et réduit l’isolement.

Une discussion informelle avec des coordinateurs qui ne se sont jamais loggés nous informent des raisons de leur non-participation : Manque de familiarité avec l’outil et incompréhension de l’apport de la communication en ligne, technologie défaillante (vieux ordis et connexion lente), manque d’identification de l’animateur à la communauté elle-même.

Ils ont appris en partageant des histoires, en discutant de problèmes, en collectant des idées dans les messages. Ils ont acquis des valeurs, des croyances et des points de vue sur la pratique. Ils ont appris non seulement les subtilités techniques de leur travail, mais la manière de parler le langage du groupe professionnel et la manière de se comporter comme membres. Cet apprentissage a été comparé à ce qui se passe à la machine à café (‘En ligne, c’est comme à la machine à café, vous avez des conversations liées au travail, aux relations sociales, de politique ou idéaliste »)
L’apprentissage n’est pas « une activité spéciale, pour laquelle les établissements d’enseignement prévoient généralement des sites privilégiés, mais un aspect de la pratique quotidienne en cours » (Lave, 1992, p. 1).

L’auteur, explique brièvement comment les « newcomers », situés à la périphérie, ont convergé vers une participation pleine averc l’aide de coordinateurs expérimentés : Description de la PPL > Légitimation par les expérimentés et enculturation. Elle témoigne aussi du processus identitaire et de construction de sens qui a eu lieu parmi eux (« I learned there were many different forms of coordinator, and I don’t have to be the same as the person who was here before me. »)

Rôle du modérateur

L’auteur fournit une maigre contribution : « cette étude suggère que la présence d’un modérateur en ligne a aidé la communauté à évoluer en partageant l’information de la CoP via un forum où le savoir s’est construit grâce à un apprentissage partagé ».

Perception du modérateur par les participants (coordinateurs)

« Absolument essentiel » pour démarrer, « celui qui a toujours été là », un support technique qui a permis de prendre en main l’environnement en ligne, il managé le flux et le rythme des discussions, il a permis l’apprentissage en nous incitant, en enseignant…il a joué un rôle clé dans le développement du sens communautaire. Ils avaient besoin de sa présence permanente pour «générer des entrées, générer de la pensée » et de « déposer une question ou quelque chose à penser ou un commentaire drôle ou quoi que ce soit pour nous faire repartir. ». Un soutien psychologique : «Il était important pour eux que le modérateur comprenne leur contexte de travail et la nature de la communauté, qu' » elle sache ce qu’elles faisaient en comment était leur travail ».

Perception du modérateur (Gray)

Gray était modératrice des coordinatrices…

Sa revue de littérature présente l’animateur en ligne comme quelqu’un combinant les rôles de résolveur de problèmes techniques, d’éducateur, d’hôtesse, de président, de facilitateur, d’organisateur (Mason, 1994; TAGG, 1994; Berge, 1995; Berge & Collins, 2000).

Elle cite ses actions pour construire et soutenir la participation : envoi d’e-mails privés pour remercier, féliciter ou encourager, pour demander une intervention dans le débat. Parfois, elle jouait l’avocat du diable, démarrait une conversation, créait des sondages réguliers pour inciter la PPL, un chat.

Anderson et Kanuka (1997) et Burge et al. (2000) sont d’accord pour dire que le rôle de l’animateur va au-delà de poser des problèmes ou de répondre aux questions. Dans cette étude, les participants ont indiqué que le modérateur a facilité l’apprentissage, en les aidant à explorer des questions significatives plus profondément. Les techniques de synthèse, de tissage, et de relance de débat à un niveau plus important, ont aidé à construire le sens et l’identité des coordonnateursdans la CoP. En l’absence de cette activité, une grande partie des conversations seraint restés à de l’échange d’informations. Les participants ont considéré que l’animateur faisant partie intégrante de la CoP et était essentiel au maintien de son existence.

La présence d’un modérateur sensible à la vie culturelle et sociale, et aux questions d’organisation a été utile dans le soutien de la communauté en ligne et l’a aidé à évoluer au-delà d’un simple niveau d’interaction sociale et de partage d’information. L’animateur semble jouer un rôle dans l’expérience d’apprentissage des participants dans un contexte informel en encourageant la réflexion critique sur les pratiques de travail et de l’identité du groupe.

Source

Gray, B., 2004. Informal Learning in an Online Community of Practice, Journal of distance education, Vol. 19, No 1, pp.20-35.

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