Communautés de pratique
Des écosystèmes pour l'apprentissage, le travail et l'innovation.
La théorie des CoP: Apprentissage, sens et identité (1/4)

Résumé


Couverture4ème de couverture : La théorie des communautés de pratique propose une théorie de l’apprentissage qui découle de l’hypothèse suivante : l’engagement dans une pratique sociale est le processus fondamental par lequel on apprend et on évolue en tant qu’être humain. L’examen de ce processus ne porte ni sur l’individu ni sur les institutions sociales, mais plutôt sur « les communautés de pratique » informelles à laquelle on adhère lors de la participation à des projets collectifs. L’intention est de décrire en détail, au moyen d’une perspective sociale de l’apprentissage, les liens qui existent entre les notions de communauté, de pratique sociale, de construction de sens et d’identité. En résulte un cadre conceptuel élargi qui permet d’aborder l’apprentissage sous l’angle d’un processus social de participation. Pour Wenger, « Peu importe la forme adoptée par l’apprentissage [ndlr :loisir, lecture, activité pro, seul, en famille ou collaboratif…], il modifie ce que nous sommes, en transformant notre habileté de participer à une communauté, d’appartenir et de négocier le sens. Cette habileté est configurée socialement en rapport avec les pratiques des communautés et les économies de sens, en lien avec notre identité (p.246). L’apprentissage (p.246-248):

  • est propre à la nature humaine : Fait partie de la vie, activité non dissociée du reste de notre existence (intro)
  • consiste d’abord et avant tout en l’habileté de négocier de nouveaux sens : Engagement dans participation et réification – Non réduit à une théorie « mécanique » chap1
  • crée des structures émergentes : Structures et continuités pour emmagasiner l’expérience, mouvements et discontinuités pour (re)négocier le sens (chap3)
  • est fondamentalement expérientiel et social : Expérience de participation et de réification + compétences définies par la CoP – Défini comme un alignement mutuel de l’expérience et de la compétence, en tension, càd ni trop distantes et ni trop congruentes (synthèse part1)
  • transforme notre identité (Modifie notre habileté de participer en changeant ce que nous sommes, nos pratiques comme nos communautés (chap3)
  • consiste en des trajectoires de participation : Construction d’une historique personnel lié à celui de la CoP où passé et futur se lient dans un processus de devenir individuel et collectif (chap3 & 6)
  • signifie négocier avec les frontières : Il crée et unit les frontières en engageant la multiappartenance dans la constitution de nos identités, conciliant ainsi nos formes variées de participation et nos différentes communautés (chap4 & 6)
  • est une question de dynamique sociale et de pouvoir : Il prend appui sur l’identification et la négociabilité; Il façonne et est façonné par les formes évolutives de l’appartenance, de la propriété de sens, des structures relationnelles qui combinent participation et non-participation dans les communautés et les économies de sens (chap7 & 9)
  • est une question d’engagement : Il dépend des occasions fournies de contribuer activement aux pratiques, de la concordance des entreprises avec notre interprétation du monde (chap2,8)
  • est une question d’imagination : Il dépend des processus d’orientation, de réflexion et d’exploration qui situent notre identité et nos pratiques dans un contexte élargi (chap8)
  • est une question d’alignement : Il dépend de notre lien avec les cadres de référence, de convergence, de coordination et de résolution de conflits qui déterminent la pertinence sociale de notre agir (chap8)
  • comporte une dynamique entre le local et le global : La création de communautés d’apprentissage dépend d’un regroupement dynamique de l’engagement, de l’imagination et de l’alignement entre local et global (chap5)
  • est soutenu par un design de l’apprentissage : L’architecture doit réussir à combiner les dimensions de l’apprentissage et les modes d’appartenance.

Une théorie sociale de l’apprentissage


L’auteur veut adopter un point de vue différent de celui de l’apprentissage traditionnel (phénomène personnel, dissocié des activités courantes, produit d’un enseignement, des classes isolées, des programmes et une matière structurée en étapes, des tests hors contexte, la collaboration assimilée à la tricherie > sentiment apprenant : ennuyeux et ardu) : une perspective qui situe l’apprentissage dans le contexte d’une participation vécue dans le monde. Une façon d’apprendre aussi naturelle que manger et dormir, un phénomène fondamentalement social (p1). Préconceptions de l’auteur par rapport à l’apprentissage, la nature de la connaissance, l’acte de connaître, aux apprenants :

  • L’homme est un être social et il s’agit là d’un aspect fondamental de l’apprentissage.
  • La connaissance est une question de compétences en lien avec des projets (chanter une chanson, faire une découverte scientifique, réparer des outils, écrire de la poésie, être aimable, grandir comme un garçon ou une fille…).
  • La connaissance consiste à participer à la poursuite de tels buts, ce qui se traduit par un engament dynamique dans le monde.
  • La recherche de sens, notre habileté à connaître le monde et à s’y engager de façon significative, est en somme ce qui vise l’apprentissage
Composantes d'une théorie sociale de l'apprentissage

Composantes d'une théorie sociale de l'apprentissage

La participation en tant que processus d’apprentissage et démarche vers la connaissance. Wenger propose de reconfigurer l’apprentissage en mettant l’accent sur la participation afin de le réinterpréter et le favoriser.

Le contexte théorique

Les concepts d’identité et de CoP deviennent l’entrée principale d’une théorie sociale de l’apprentissage.

2 axes principaux de théorisation

2 axes principaux de théorisation

Carrefour de traditions intellectuelles

Carrefour de traditions intellectuelles

Un axe vertical en tension : L’apprentissage survient en cours d’action et en situation d’interaction, mais cet engagement s’inscrit aussi dans la culture et l’histoire.

  • Les théories de la structure sociale privilégient les institutions, les normes et les règles. Elles mettent l’accent sur les systèmes culturels, les discours, les histoires. Elles proposent de dévoiler les structures explicatives (structuralisme).
  • Les théories de l’expérience située privilégient la dynamique quotidienne, l’improvisation, la coordination et la chorégraphie. Elles mettent l’accent sur les motifs et les intentions des acteurs, leurs interactions et leur environnement. Elle étudient l’expérience et la construction de l’individu, ses interactions

L’axe horizontal : Préoccupation de Wenger

  • Les théories de la pratique sociale concernent la production et la reproduction de modes spécifiques d’engagement dans le monde. Elles se concentrent sur l’activité quotidienne et les situations concrètes au sein des systèmes sociaux.
  • Les théories de l’identité se préoccupent de la construction sociale de la personne, de l’interprétation culturelle somatique, des marqueurs d’adhésion à titre de membre (rites de passage, catégories sociales). Elles abordent les questions de genre, de classe, d’ethnicité, d’âge et autres formes de catégorisation, d’association et de différenciation.
Insertion de 4 notions classiques en théorie sociale, moins radicales que l’axe vertical. Le domaine d’investigation concerne la bande grisée : Les composantes d’une théorie sociale de l’apprentissage. Axe duel : le social et l’individu

  • Le théories de la collectivité s’intéressent aux différents types de regroupement sur le plan local (familles, communautés, groupes et réseaux) et global (états, associations, organisations, classes sociales, réseaux). Elles visent la description de des mécanismes de cohésion sociale (solidarité, engagements, intérêts communs, affinités)
  • Les théories de la subjectivité se préoccupent de la nature de l’individualité en tant qu’expérience de l’agir. Elles tentent d’expliquer comment l’expérience de la subjectivité émerge de l’engagement dans le monde social.

Un lien entre les questions de pouvoir et celles de production de sens

  • Les théories du pouvoir. Des perspectives conflictuelles (domination, oppression ou violence), des modèles consensuels (alignement contractuel, convention collective conférant autorité à des élus)
  • Les théories du sens décrivent comment les gens produisent le sens. elles mettent an cause

Wenger clarifie, redéfinit et précise ses choix épistémologiques : Il s’éloigne d’une perspective analytique linéaire (modèle explicatif) vers une une analyse dynamique de la réalité (modèle compréhensif). Les notes de la page 15 à 22 éclairent des aspects fondamentaux des théories employées, ainsi que leur parentalité ou leurs distinctions.

Observation participante : 2 études de cas servent l’ouvrage

  1. La description d’une journée de travail d’un agent de réclamation. La CoP est présentée du point de vue de l’agent.
  2. Description de l’utilisation d’une feuille de calcul crée par l’entreprise illustrant la difficulté d’accomplir des tâches procédurales sans comprendre ce dont il s’agit.

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