Communautés de pratique
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Les communautés virtuelles de praticiens : vers de nouveaux modes d’apprentissage et de création de connaissances ?
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Introduction

Intérêt ces dernières années pour diverses formes de participation en milieu de travail et leurs impacts : le W en équipe, l’apprentissage organisationnel et le travail collaboratif. Les entreprises s’intéressant dorénavant à l’apprentissage comme source possible de gains de producutivité, de motivation et de loyauté. On est passé de la recherche du gain de productivité direct à indirect.

La gestion des connaissances (KM) est devenu une nouvelle modalités de formation (Masie, 2000), tout comme les CoP qui sont une forme de développement des connaissances davantage axé sur les individus et leurs échanges que sur la « gestion » par l’entreprise.

Des compétences collectives et de l’apprentissage organisationnel…

« Après le travail collaboratif et le travail en équipe, le recours aux CoP semble vouloir s’imposer comme une nouvelle modalité d’apprentissage, de développement des compétences collectives de l’apprentissage organisationnel ou de l’efficacité collective de l’organisation. »

Le Boterf (1994) : l’efficacité collective de l’entreprise dépend largement de sa capacité à mettre en commun des savoir-faire différents.

L’apprentissage organisationnel en quelques points :

  • développement de competénces collectives
  • phénomène collectif d’acquisition et d’élaboration de connaissances
  • circulation et diffusion de connaissances
  • développement des relations entre les compétences préexistantes
  • les relations efficaces sont souvent de nature informelles (Koenig)
  • « L’organisation est un système d’actions intentionnelles engagées dans un processus transformationnel pour produire des outputs » (p.3?)
  • « le processus dans l’organisation par lequel la connaissance, à propos des relations « Action-Résultat » et les effets de l’environnement sur ces relations, est développée » (Duncan & Weiss, 1979, p.84)
  • la connaissance, résultat du processus d’apprentissage, fait consensus, est intégrée dans les procédures de W et les structures de l’organisation.
  • « les idéologies organisationnelles, les structures rigides, les standards de performance « historiques », la légitimation et les pressions de justification, et les forces environnementales sont des contraintes à l’AO » (p.4?)

Aux communautés de praticiens

Selon l’office de la langue française, il est plus, juste de parler de communautés de praticiens, puisque des communautés doivent être constituées d’individus (p.5?)

L’apprentissage en milieu de travail bénéficie d’un intérêt grandissant.

Quelques définitions

  • il s’agit de personnes qui partagent un intérêt, une série de problèmes, une passion pour un sujet et qui développent leurs connaissances et leur expertise dans ce domaine en interagissant sur une base régulière (Wenger, McDermott & Snyder, 2002, p.4)
  • un groupe dont les membres partagent leurs connaissances et apprennent ensemble, en fonction de leurs intérêts communs (Lesser et Stork, 2001, p. 831)

Mitchell (2002) indique les avantages suivants : la diffusion informelle de connaissances pertinentes, l’amélioration de l’innovation et de la productivité, ainsi que le renforcement de la direction stratégique de l’organisation.

Les conditions de l’apprentissage en CoP

Quelles conditions pour que les participants puissent.. partager des connaissances tacites, construire collectivement des connaissances, résoudre des problèmes de production ou de service ? (McDermott, 1999, 2001, Wenger and Snyder, 2000; Adams and Freeman, 2000; Deloitte Research, 2001)

Voilà les principales :

  • engagement mutuel à l’égard de la tâche ou de la communauté (entreprise conjointe)
  • un répertoire partagé de ressources (« bagage commun », langage commun > facilite les échanges, évite les incompréhensions ou conflits)
  • un « régime négocié de compétences » (une entente sur certaines règles de fonctionnement)
  • l’importance de l’animateur ou du leader
  • l’intérêt et la motivation des individus à travailler ensemble comme groupe
  • soutien et ressources mises à disposition par l’organisation
  • soutien et légitimité de la CoP par le supérieur immédiat
  • une technologie simple accompagnée d’un soutien technique

Les communautés de praticiens, des communautés d’apprentissage ?

Tremblay reconnait que des CoPs n’atteignent que partiellement leurs objectifs en raison du changement d’animateur, de la perte d’intérêts de la direction ou de certains participants ou le manque de temps pour participer aux échanges. (p.8?)

Les sources d’insatisfaction des participants sont : l’absence de reconnaissance de la participation par l’employeur , parfois aussi l’absence de reconnaissance par les pairs, et surtout le temps (souvent trop limité) consacré aux activités de la communauté. (p.8?)

c’est la motivation et l’engagement dans le projet qui ressortent comme variables déterminantes. On accepte de passer du temps personnel sur un projet parce que les connaissances acquises et les réalisations semblent en valoir la peine.(p.9)

Les femmes semblent consacrer 2 fois plus de temps que les hommes aux activités de la CoP : sont elles plus motivées par cette forme d’apprentissage ? font elles davantage confiance et acceptent elles davantage de partager leurs connaissances ?

Conclusion

3 défis majeurs pour assurer un succès (p.10) :

  • susciter la motivation des participants dans le projet ou l’entreprise conjointe
  • soutenir l’intérêt des participants et de l’organisation qui soutient le projet d’apprentissage par les pairs
  • identifier une forme de reconnaissance de la participation (surtout si on veut qu’ils y consacrent du temps)

3 conditions majeurs pour assurer un succès (p.10) :

  • le projet ou l’objet de la CoP suscite l’engagement conjoint des participants;
  • il faut que ceux-ci aient à la fois confiance en eux-mêmes et en leurs collègues pour contribuer activement aux échanges;
  • ils disposent de suffisamment de temps afin de contribuer et de faire des apprentissages significatifs.

Source

Tremblay, D. (2003). Les communautés virtuelles de praticiens : vers de nouveaux modes d’apprentissage et de création de connaissances ? Notes de recherche de la Chaire de recherche sur les enjeux socio-organisationnels de l’économie du savoir, Télé-université du Québec. Accessible à l’adresse https://depot.erudit.org/id/002375dd

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