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L’encadrement des cours à distance : Profils étudiants

Introduction

L’auteur fait une courte revue de la littérature sur le tutorat dont je fais une sélection :

Glikman (1999) : l’encadrement des étudiants peut être envisagé selon les logiques de l’offre et de la demande (représentations, les motivations et les attentes de l’apprenant).
Hrimech (1999) : le choix d’une méthode d’encadrement pédagogique doit être déterminé autant par la matière (le contenu proposé), le type d’enseignant, les relations de celui-ci avec les étudiants, les caractéristiques des étudiants que par le contexte où cette méthode sera appliquée.
Moore (1993) : 3 ensnembles de variables pour l’autonomie : relation entre dialogue, structure et autonomie résumée ainsi : plus la structure est importante et plus le dialogue est faible dans un programme, plus l’apprenant aura à exercer son autonomie.
Power et al. (1994) : il « … n’y a pas qu’une seule façon d’encadrer des étudiants universitaires à distance et que chaque établissement d’enseignement supérieur à distance a développé sa propre formule en se basant sur les besoins de ses étudiants, les ressources disponibles, diverses considérations d’ordre géographique, culturel, etc. »
(cite p. 63).

Objet de la recherche

« Approfondir la problématique de l’offre et de la demande, du moins du côté de la demande, puisqu’elle vise les représentations des usagers face aux activités d’encadrement. » Plus spécifiquement, cette étude tente de déterminer les profils d’utilisation des activités d’encadrement selon trois thèmes, l’expérience en formation à distance, l’attitude face au tutorat et l’autonomie, du point de vue de l’étudiant.

Méthodologie

> Des entrevues réalisées auprès de 48 étudiants inscrits à six cours conçus pour la distance. Seules les sections des entrevues portant sur l’encadrement ont été analysées.
6 cours ont été retenus du fait de leur multimédiatisation.

Procédure

« Les entrevues ont été menées par cinq auxiliaires de recherche qui se sont partagées les 48 étudiants choisis dans les six cours. Chaque entrevue durait environ une heure. Elle se déroulait dans un lieu de rencontre convenant au sujet (lieu public ou privé). Les entrevues étaient enregistrées puis transcrites intégralement. Une synthèse de chaque entrevue a été réalisée puis soumise à l’étudiant concerné pour valider l’information retenue. »

« Le but et le déroulement de l’entrevue étaient expliqués au sujet au préalable, de même que ce qu’on entendait par activités d’encadrement. Les activités d’encadrement du cours se présentant sous forme de documents étaient en possession du sujet au moment de l’entrevue, sinon de la personne chargée de l’entrevue. Durant ces entrevues, chaque activité d’encadrement a été examinée en termes d’utilisation, d’utilité pour l’apprenant et des motivations à les utiliser. On posait des questions sur la fréquence d’utilisation et l’utilité des services du tuteur (téléphone, courriel, rétroaction lors de la notation) et des différents documents ou services proposés par l’établissement ou les concepteurs de cours. »

« Les activités d’encadrement comprenaient le guide de l’étudiant, les lettres du professeur et du registraire remises au début du cours, la feuille de route, l’aide-mémoire, l’agenda ou l’échéancier, le bottin électronique, les échanges avec le tuteur par courriel et par téléphone, les rencontres de groupe, les laboratoires, les conférences télématiques, les audioconférences, les rétroactions sur les travaux notés et les activités ponctuelles initiées par les participants […]. Ces activités d’encadrement ont été identifiées à partir des travaux de Dionne et al. (1999).

Analyse

« L’analyse a été faite par l’auteur qui ne participait pas au projet au moment de la réalisation des entrevues. Les transcriptions des entrevues et des synthèses d’entrevues des auxiliaires ont été lues une première fois. Le
texte brut des synthèses et des entrevues a été analysé à l’aide du logiciel d’analyse de texte QSR Nudist version 4.0. Des unités de sens ont été extraites des textes et placées dans un document lui-même analysé. Une unité
de sens prenait la forme d’une position prise par l’étudiant sur l’utilisation, l’utilité ou la motivation à utiliser une activité d’encadrement. Par exemple, une unité de sens se rapportant au thème « autonomie » serait : « Je n’ai eu
aucun contact, aucun, d’aucune façon que ce soit avec le tuteur, mais je suis habituée à faire ma petite affaire ». Ces unités de sens ont servi à créer des thèmes à partir desquels les profils étudiants ont été déterminés. Plusieurs thèmes ont été identifiés à partir des unités de sens lors de la première lecture des entrevues et des synthèses d’entrevues. Par la suite, seuls les trois thèmes dont les unités de sens apparaissaient dans toutes les entrevues ou synthèses d’entrevues ont été conservés. Ces trois thèmes touchant les activités d’encadrement sont : l’expérience en formation à distance, l’attitude face au tutorat et l’autonomie. »

Résultats

L’auteur livre des données statistiques brutes : caractéristiques de la population (âge, sexe…), expérience en formation à distance…et rend compte des entretiens en fonction de l’expérience et de l’inexpérience.

Attitude face au tutorat : des réponses autour de la satisfaction, l’ intérêt des apprenants, les problèmes rencontrés, les reproches, les buts, les outils selon le besoin, le relation tuteur-apprenant.

Autonomie : les raisons de l’indépendance de certains apprenants et les attentes pour favoriser l’autonomie sont évoqués.

Discussion et Conclusions

Le temps écoulé entre les entretiens et la fin des cours a pu diminuer la qualité des données (6 mois).

« D’après les résultats, il semble que les étudiants réagissent aux activités d’encadrement selon leur niveau d’expérience en formation à distance, leurs attitudes face au tutorat et leur niveau d’autonomie. »

« Ces résultats suggèrent que la désaffection des étudiants face aux activités d’encadrement serait la conséquence d’un écart entre l’offre et la demande au niveau des activités d’encadrement. Du côté de l’offre, on impose systématiquement certaines activités d’encadrement aux étudiants. Or, du côté de la demande, on note un besoin au niveau d’activités d’encadrement qui prendrait en compte l’expérience en formation à distance, l’attitude face au tutorat et l’autonomie de l’étudiant. »

Source

Pettigrew, F., 2001, L’encadrement des cours à distance : Profils étudiants in Revue DistanceS, vol.5, n°1, pp -111. Consulté le 20/09/09 à l’adresse http://cqfd.teluq.uquebec.ca/distances/D5_1_f.pdf

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