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Sentiment d’appartenance et identité
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Présentation

Traditionnellement, la dimension sociale de notre identité est assurée par un sentiment d’appartenance à des groupes sociaux plus ou moins larges, dans lesquels notre généalogie nous a objectivement inscrit. Les groupes d’apparte­nance sont variables culturellement et historiquement (castes, clans, classes sociales, nations, régions, quartiers, villages, commu­nautés religieuses ou ethniques, etc…). Le sentiment d’appartenance est généralement pluridimensionnel : groupe social, groupe religieux, groupe sexué, groupe ethnique, groupe professionnel…

Ce sentiment d’appartenance s’exprime par une motivation profonde parmi certaines personnes d’un même milieu ou domaine à vouloir se tenir ensemble et à travailler dans la même direction afin de faire profiter à tous et chacun des retombées. Les raisons de cette motivation sont mutiples : besoin de socialisation, intérêts personnels à s’identifier, se sentir bien, attachement profond  envers le groupe, la communauté ou le milieu. Les concepts d’identité (de sentiment identitaire, identité étant pris dans sa dimension sociale) et de sentiment d’appartenance sont souvent utilisés pour qualifier cet attachement, parfois sans distinction, faisant penser que l’un et l’autre sont mutuellement constitués.

L’absence d’identité n’implique pas nécessairement l’absence de sentiment d’appartenance mais la présence du premier peut renforcer le deuxième. (Deschênes, 1993 : p.5). La différence entre ces 2 concepts se ferait essentiellement « sur la base d’éléments de nature géographique, historique, religieuse, économique, militaire, culturelle, linguistique, politique, sociale, etc.» (Proulx, 1992: p.4). Le concept d’identité peut se définir comme une « image de soi fondée sur un patrimoine culturel passé ou présent, soit sur un environnement naturel, soit une histoire, sur un projet d’avenir, soit sur une activité économique spécifique ou une combinaison de ces divers facteurs » (Bassand, 1990 : p.218).

Le sentiment de confiance est un concept basé sur un sentiment entre nous et les autres. La relation de confiance nécessite de faire tomber nos barrières pour opérer. Risquée au départ, celle-ci se renforcera et permettra (pas dans tous les cas) la création d’un sentiment d’appartenance envers les autres qui augmentera tant et aussi longtemps que le lien de confiance se renforcera et perdurera. Pour se développer, le sentiment d’appartenance doit se faire sans contrainte et en toutes connaissances de causes. « C’est parce qu’ils ont quelque chose en commun et qu’ils en sont conscients, que les acteurs s’engageront dans l’action commune» (Moquay, 1998).

De son côté Mucchieili corrobore cette définition en ajoutant : L’appartenance n’est pas le fait de se « trouver » avec ou dans (un) groupe puisqu’on peut s’y trouver sans le vouloir; elle implique une identification personnelle par référence au groupe (Mucchieili, 1980 : p.99).

Le sentiment d’appartenance semble offrir un instrument peu dispendieux et très efficace pour les entreprises qui y attachent de plus en plus d’importance au fur et à mesure qu’elles développent la collaboration en réseau et qu’elles mettent en oeuvre des communautés de pratique intentionnelles. Le sentiment d’appartenance apparait comme fondamental car il sert de moteur au développement d’une communauté. Il est présenté ainsi à des apprenants pour les aider à améliorer leur apprentissage (Claveau, 2009) :

Le sentiment d’appartenance est quelque chose qui se construit peu à peu. Le partage d’une même réalité, de valeurs ou d’objectifs communs crée un terrain favorable. Il nécessite en plus, pour se développer, une qualité d’interactions avec les personnes, ce qui contribue au fait qu’on se sente bien et qu’on ait conscience de sa valeur au sein d’un groupe particulier. Vous sentant reconnu ou reconnue, vous avez alors envie de vous engager davantage, de donner le meilleur de vous-même et de vous identifier avec une certaine fierté à ce groupe dont vous fait partie. Si une part de responsabilité relève du milieu qui vous accueille, une autre part dépend de votre attitude et de vos propres efforts d’intégration. (Centre d’orientation et de consultation psychologique de l’Université Laval, 2005).

Le sentiment d’appartenance nécessite des efforts et du temps pour se construire. Cependant ce sentiment peut facilement s’effriter lorsqu’il provoque la formation de sous-groupes à l’intérieur d’une même communauté.

L’appartenance est un sentiment fort, difficilement quantifiable et mesurable, mais il procure fierté et aussi responsabilité chez la personne. C’est un sentiment d’appartenance qui est souvent à la source des rassemblements, de mouvements et d’organismes bénévoles qui viennent combler de nombreux besoins à caractère social, culturel et récréatif, notamment aujourd’hui »hui avec le Web 2.0.

Quelques définitions

Synonymes : cohésion de groupe, identification au groupe.

  • Identification au groupe signifie selon Mucchielli  (1980, p.103):  »  Fondement de la cohésion des membres et de l’esprit d’équipe, l’identification au groupe est d’une part la caractérisation par chacun de son identité sociale par la référence au groupe (par son appartenance), et d’autre part la considération comme  » sienne  » des réalisations du groupe, comme  » siens  » ses succès et échecs « .
  •  » Appartenir, c’est en effet découvrir que je m’actualise en lien avec d’autres personnes, que j’ai une part irremplaçable à exercer dans les groupes auxquels j’appartiens; que dans ces groupes, je dois tenir compte de l’autre, de ce qu’il est, de ce qu’il pense, de ce qu’il peut apporter, qu’ensemble nous pouvons construire, créer, mettre en œuvre des projets qui puissent servir la collectivité  » (Brochure : L’appartenance à un groupe : les six-onze ans et leur rapport aux valeurs, p.4)
  •  » Le sentiment d’appartenance est un processus interactif par lequel les individus sont inter reliés et se définissent en rapport les uns avec les autres en fonction de champs d’intérêts et d’affinités « . (Guertin, 1987, p.4).
  •  » Le sentiment d’appartenance, c’est ce que ressent un individu concernant son appartenance à un groupe, à une organisation ou à une institution. Le fait de se sentir bien ou chez soi à l’école, le fait de se sentir utile au groupe et solidaire des autres constituent des indicateurs du sentiment d’appartenance d’une personne. Plus un individu a un fort sentiment d’appartenance à un groupe, plus il a tendance à adopter les valeurs, les normes et les règles de conduite de ce groupe « . (Boucher, Morose, 1990, p.417)
  • La cohésion est définie comme  » l’ensemble des forces qui agissent sur les membres pour les faire demeurer au sein du groupe « . (Weinberg, Gould, 1997, p.186)
  • Appartenance signifie selon Mucchielli  (1980, p.99):  » Sentir le groupe dans lequel on se trouve et se sentir soi-même de ce groupe englobe un ensemble d’attitudes individuelles et de sentiments, désignés par le mot  » appartenance « . L’appartenance n’est pas le fait de se  » trouver avec ou dans ce groupe  » puisqu’on peut s’y trouver sans le vouloir; elle implique une identification personnelle par référence au groupe (identité sociale), des attaches affectives, l’adoption de ses valeurs, de ses normes, de ses habitudes, le sentiment de solidarité avec ceux qui en font aussi partie, leur considération sympathique « .
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