Communautés de pratique
Des écosystèmes pour l'apprentissage, le travail et l'innovation.
Practice makes perfect ? the practice approach in e-learning
Categories: Fiches de lecture

Introduction

On rencontre souvent le mot pratique dans bon nombre d’expressions ou de phrases telles que communautés de pratique, meilleures pratiques, pratiques d’enseignement. Toutefois, il subsiste peu de définitions ou de discussions sur ce qu’est exactement la pratique. L’article en référence présente un rapide survol de l’approche par pratique, en se concentrant d’abord sur ses origines dans la philosophie de Heidegger et la sociologie de Bourdieu.

La pratique

Dans tous les cas, la pratique est ce que nous faisons, que ce soit un ensemble restreint de performances effectuées de façon répétée ou une gamme plus vaste et complexe d’activités.

Du côté de Lave et Wenger,  leur compréhension de la pratique s’appuie sur la sociologie et la philosophie de Bourdieu et de Heidegger. Pour ces penseurs, la pratique est fondamentale à la connaissance, l’apprentissage et la réalité humaine. Pour eux, la pratique est constitutive de l’être humain. Par exemple, Heidegger l’interprète en tant que manifestation de notre être en termes d’«intelligibilité des pratiques quotidiennes» (“intelligibility of everyday background practices”, Dreyfus, 1991, p. 10). Bourdieu la décrit comme quelque chose d’énigmatique comme ayant « une logique qui n’est pas celle du logicien » (1980, 92, p.86). Il souligne également que les pratiques et les activités humaines ne sont réductibles ni à des critères rationnels, ni à des systèmes cachés, ni à ds structures schématiques, et que les pratiques sont plutôt « organisées autour de « compréhensions pratiques partagées » (Schatzki, 2000, p. 11). Une discussion plus générale de la notion de pratique et de ses conséquences se trouve dans un livre intitulé The Practice Turn :

‘Pratique’ amène à considérer des activités qui sont situées, incorporées, et façonnées par les habitudes sans réflexion. (Thévenot, 2000, p. 64)

ndlr : C’est pourquoi Wenger, s’appuyant sur Bourdieu et Heidegger (ce qui est ciritiqué, car ils sont mis en opposition, le premier cherchant à saisir la pratique par l’habitus, l’autre par les structures), présente la pratique comme « faire », mais pas uniquement. C’est faire dans un contexte social et historique qui enracine l’action et qui lui donne du sens. La pratique en ce sens est une alternative au cognitivisme qui ne voit la pratique (faire) comme un schéma, une structure, un modèle mental.

La pratique crée une sorte de place(?), un habitus, dans lequel les utilisations sont adaptées (usages des tice par exemple) :

Le point important qu’il faut reconnaître ici, c’est que ces pratiques émergent non pas du design du système, mais des actions de ses utilisateurs. Cela signifie deux choses: d’abord, que les vraies places(?) émergent seulement quand de l’occupation journalière et non de démonstrations ou d’expériences qui durent quelques heures et, deuxièmement, cette place ne peut être designé, uniquement designé pour (ce qui avait été imaginé). (Dourish, 2001, p. 91)

Parce que ces pratiques essentiellement humaines ne sont pas régies par des règles, il est seulement possible de concevoir des activités donnant aux utilisateurs la liberté de contrôler ou d’improviser dans ces activités, plutôt que développer une conception de ces actions pour plus tard les prescrire. C’est pourquoi, les technologies de l’informatique peuvent travailler avec (ou contre) la nature imprévue et improvisée de la pratique.

Référence

Friesen, N. (2009). Practice Makes Perfect ? The Practice Approach in E-Learning. Revue Internationale des Technologies en Pédagogie Universitaire, 6(2-3), 8-12.

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