Communautés de pratique
Des écosystèmes pour l'apprentissage, le travail et l'innovation.
CoP? Varieties of situated learning
Categories: Fiches de lecture

Introduction

Amin, A., & Roberts, J. (2006) présentent une revue de littérature intéressante sur les CoP. Ils soulignent aussi l’intérêt suscité par les tenants du KM tout en offrant une perspective historique qui débouche sur un résumé des critiques faites à l’encontre du concept de CoP tel qu’il est proposé ou exploité :

Parallèlement à la popularité croissante des recherches sur les communautés de pratique, celles-ci ont commencé à attirer des critiques concernant, par exemple, la négligence des questions de pouvoir (Contu et Willmott, 2003; Fox, 2000), son incapacité à prendre en compte les conditions pré-existantes comme l’habitus et les codes sociaux (Mutch, 2003), ainsi que son usage généralisé dans les études organisationnelles au-delà de son focus original sur l’apprentissage situé (Handley et al. 2006), et le terme «communauté»lui-même, ce qui est problématique, intègre des connotations positives et est ouvert à de multiples interprétations (Lindkvist, 2005, Roberts, 2006) (p.4).

Typologie

Les auteurs vont retirer de leur analyse littéraire des variétés de communautés et de situations dont ils vont tirer une typologie. Pour chaque type ci-dessous (table 2, p7), les auteurs vont s’appuyer sur des exemples précis issus de la littérature. Les processus y sont décrit, ce qui offre une revue de littérature intéressante et augmentée  par rapport à celle plus classique que l’on connait.

  1. Communautés basées sur l’artisanat/tâche = artisans, ouvriers, techniciens… (ex. les apprentis de Lave et Wenger, techniciens de Orr ou de Wenger, ouvriers flutistes de Cook et Yanow……)
  2. Communautés (de) professionnelles = architectes, médecins, enseignants… avec une dimension institutionnelle (ex. des métiers où l’éducation et la formation formelle sont déterminantes, les qualifications importantes)
  3. Communautés (d’) expertes = ingénieurs, développeurs… organisés pour développer un champ de savoirs et générer de l’innovation principalement de rupture (ex. scientifiques, développeurs de produits, consultants, designers…). Intègre les communautés épistémiques de Creplet et al, 2001.
  4. Communautés virtuelles = CoP différentes du concept original car les interactions ne sont plus (uniquement) en face à face et journalières. On y trouve des communautés distribuées, un soutien du KM
  5. Communautés en ligne = Orientées KM

Quelques facteurs d’échec et de succès des communautés virtuelles

Les auteurs repèrent des travaux. Cox, Patrick et Abdullah, 2003 dénoncent sept facteurs d’échec :

  1. le manque de temps consacré à la formation de la communauté ;
  2. la masse critique insuffisante;
  3. une trop grande diversité au sein d’un groupe, les membres ne se connaissaient pas entre eux ;
  4. le manque ou l’absence de convergences, claires et tangibles (raison d’être, objectifs…) ;
  5. peu d’incitations à participer ;
  6. le manque de temps qui empêche la participation, l’expérience quand l’organisation ne favorise pas cette ressource ;
  7. le manque de leadership et d’intérêts partagés à émerger du groupe

Kling and Courtright (2003) relèvent 4 facteurs clés de succès

  1. des rencontres offline ou face à face pour se connaître et acquérir la confiance
  2. l’organisation en groupes confrontés à des problèmes similaires;
  3. le support de gestionnaires/managers créatifs et avertis ;
  4. l’utilisation du style questions-réponses, ainsi que l’encouragement de la réflexion et de la pensée à voix haute.

Les auteurs présentent d’autres auteurs et leur facteurs : humour, empathie, sympathie, sensibilité, tact, soutien… et la culture qui va avec (Josefsson, 2005) constituent le « lubrifiant ».

Organising and innovating through CoPs

Les auteurs présentent encore une revue de littérature mais cette fois-ci spécifiquement du point de vue Innovation et KM. Ils relèvent les auteurs, donnent une perspective historique, précisent les raisons d’être, des problématiques et des paradoxes qui découlent de l’engouement pour les CoP dans les textes :

  • Les CoPs ne peuvent être créées ex-nihilo mais elles peuvent être managées.
  • Passage d’une connaissance codifiée à une connaissance dynamique, émergente… qui échappe à l’intervention  managériale
  • Les CoP peuvent être cultivées (cf 7 principes de Wenger) : les auteurs font part de leur scepticisme et trouvent imprécises la proposition de Wenger tout en donnant des exemples (p.30-33)
  • Termes alternatifs (intéressants et argumentés p.32) : collectivities of practice (Lindkvist, 2005),  community of practitionners (Gherardi, 2006)

Source

Amin, A., & Roberts, J. (2006). Communities of Practice: Varieties of Situated Learning. Draft paper prepared for: EU Network of Excellence : Dynamics of Institutions and Markets in Europe (DIME).

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