Communautés de pratique
Des écosystèmes pour l'apprentissage, le travail et l'innovation.
Le partage des rôles et des reponsabilités à l’égard du pilotage des CoPs
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Introduction

Les auteurs s’intéressent aux communautés de pratique pilotées, intentionnelles, à travers 2 études de cas qui présentent le contexte de mise en oeuvre et les caractéristiques de leur gouvernance (IBM, GDF-Suez).

« La plupart des communautés de pratique sont des regroupements informels, et c’est dans cet esprit que nous cherchons à déterminer les contributions de la hiérarchie formelle, d’un côté, et des employés détenteurs de connaissances précises et localisées, de l’autre, dans l’établissement de communautés créées dans le but d’accomplir les volontés (parfois divergentes) des uns et des autres. »

La question posée est la suivante : comment partager les rôles et les responsabilités en matière de pilotage des communautés? A partir des caractéristiques des CoP, les auteurs vont insister sur le partage des rôles et des responsabilités à l’aide de trois grands acteurs : les parrains ou la hiérarchie, les animateurs ainsi que les membres participants et les techniciens.

A propos du pilotage des CoP

Les CoP pilotées ssont initialement tributaires de la volonté de la direction qui seule a la légitimité et l’habileté pour mettre en place les rôles et les reponsabilités.  Paradoxalement, la CoP est un phénomène émergent.La hiérarchie doit donc répondre à deux critères : 1/ autoriser et faciliter la mise en place d’espaces de partage des connaissances pensés à des fins précises, 2/ ensuite, la direction doit éviter de succomber à ce que Josserand et Saint Léger (2004) nomment la «tentation de la hiérarchie» : « il lui faut accepter que l’organisation formelle ne puisse tout savoir ni tout décider, en maintenant une distance raisonnable par rapport à la CoP. Cette antinomie entre une affirmation hiérarchique positive et créatrice d’espaces de partage et le rôle limité de la direction contrainte par l’impératif de liberté qu’impliquent ces mêmes espaces ne signifie pas que ces mouvements soient inconciliables » (p.37).

Les phases de l’évolution d’une CoP pilotée.

Le cycle de vie des CoPs de Gongla et Rizzuto (2001) est utilisé par les auteurs pour permettre de situer l’endroit où elle se trouve et de mettre l’accent sur des interrogations du type «À notre stade, quelles sont les fonctions fondamentales à privilégier?», « quel outil avons nous besoin ? »

De plus, Ballay (2002) décrit dans son modèle CTR-S quatre processus (socialisation, capitalisation, transfert et le renouvellement) qui devraient, selon les auteurs, être présents à tout moment afin de favoriser la circulation des pratiques.

Fonctions, outils et modes de partage des connaissances selon les phases de l’évolution d’une communauté de pratique pilotée. Le modèle CTR-S (Ballay)

Comment partager les rôles et responsabilités dans le pilotage des communautés de pratique

Avant toute chose, « si le pilotage des communautés peut réussir, c’est qu’il implique, à terme, l’apparition d’une certaine forme de non-pilotage. Cela signifie qu’après une phase initiale d’engagement intense de la part de la direction, celle-ci doit apprendre à se retirer peu à peu pour permettre à la communauté de devenir une véritable instance de validation des connaissances. »(p.41)

Dans les communautés de pratique pilotées, la répartition des rôles est délicate car, au départ, la direction doit s’efforcer de faire démarrer ces rôles, sans qu’ils soient perçus comme des positions définitives de pouvoir et sans qu’ils puissent être assimilés à de véritables fonctions aux tâches prescrites (p.41)

3 fonctions types relatives aux CoPs…

Rôle et responsabilité des parrains : 1/appuyer l’existence de la communauté et lui donner un souffle. « En raison de la nature quelque peu artificielle du groupe dans ses premiers temps, le soutien matériel et symbolique des parrains est une condition sine qua non pour un démarrage réussi. » 2/Promouvoir les connaissances que la communauté produit (promotion des productions auprès de la dir., et quid de l’exécution réelle des recommandations ? Sous forme de pratiques, directives, stratégies ?). 3/ R2duire son engagement avec l’évolution de la CoP.

Rôle et responsabilité des animateurs : 1/ Construire l’identité de la CoP et veiller sur les échanges qui ont lieu, 2/ Moduler son engagement selon l’évolution de la CoP (exige de modifier ses rôles [et tâches ndlr]), 3/ Gérer le transfert des rôles et des responsabilités aux membres (par définition, la CoP est une organisation « ahiérarchique », l’émergence d’un noyau doit se faire prioritairement sur la base d’une légitimité reconnue et assurée)

« Dans la plupart des communautés pilotées, la désignation des rôles de l’animateur est le produit non pas d’une émergence (volonté populaire), mais d’un recrutement sur la base des aptitudes, de la disponibilité et du volontarisme de l’animateur. Celui-ci n’a donc pas le privilège d’incarner a priori l’identité de la communauté; il doit s’assurer d’établir et de consolider sa légitimité auprès des membres du groupe, ce qui exerce sur lui une pression supplémentaire qui ne s’estompe qu’après un certain temps. À l’égard des rôles, on distingue deux composantes principales qui lient l’engagement de l’animateur à l’évolution de la communauté : la validation des connaissances et la délégation » (p.44)

Rôle et responsabilités des membres participants et techniciens : Accroître leur engagement avec l’évolution de la CoP… et essayer de dépasser l’artificialité d’origine. Il convient dès lors de s’assurer dès le début de l’intérêt effectif des participants.

Le développement proposé par les auteurs les conduit à proposer le modèle suivant :

Fonctions, outils et modes de partage de connaissances selon les phases de l’évolution d’une CoP pilotée (p.42)

Source

Gosselin, F., Barlatier, P., & Cohendet, P. (2010). Le partage des rôles et des responsabilités à l’égard du pilotage des communautés de pratique. Gestion, 35(4), 36-46.

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