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Analyse des données qualitatives – Codification: Eléments retenus

Eléments méthodologiques retenus pour ma seconde phase d’analyse de corpus. La méthode retenue et les moyens mis en oeuvre ne sont pas décrit ici.  (D’après une lecture Miles et Huberman, Analyse des données qualitatives, 2003) :

Le codage

Un code est une étiquette qui désigne une unité de signification pour l’information descriptive ou inférentielle. Il est attaché à un segment de taille variable (mots, locution, phrase, paragraphe…)… en vue d’extraire et organiser les segments de texte (p.112)

Les codes de 1er niveau :

  • Les codes descriptifs : aucune interprétation, le code est attribué à une classe de phénomènes. Ils décrivent des phénomènes et des évènements
  • Les codes interprétatifs : interprétation d’un phénomène ou d’un événement.
  • > Ils résument des segments de données

Les codes de 2nd niveau (p.133) :

  • Les codes thématiques. Ils sont conceptuels. Ce sont des « méta-codes », (encore plus) « inférentiels », « explicatifs » : désignent ou illustrent un leitmotiv ou quelque chose d’émergent décelé suite à un déchiffrement de la signification des évènements ou des relations… Ils permettent de comprendre le « pourquoi ».
  • > Ils sont une façon de regrouper les résumés issus des codes de 1er niveau en un nombre plus réduit de thèmes ou d’éléments conceptuels plus synthétiques (Condensation des données)
  • Leur fonctions : Obtenir un petit nombre d’unités analytiques (réduire la quantité des données), analyser (au bout d’un certain moment durant le recueil ou l’analyse), construire une carte cognitive évolutive de ce qui se passe.

Une liste de départ peut comprendre jusqu’à 50-60 codes (cf tableau p.116)

Des approches pour identifier les codes de départ, établir un plan de codage et aider à réfléchir aux catégories dans lesquelles les codes doivent être créés (p.119) :

  • Strauss : Faire émerger des codes des lectures à partir des notes de terrain, synthèses…
  • Strauss : Codifier les « conditions », les « interactions entre acteurs », « les stratégies et les tactiques », les « conséquences » (repérer en conséquence, parce que, depuis…)
  • Lofland (1971) : Pas lié directement au contenu mais au domaine dans lesquels les codes devront être conçus
    1. Actes : actions dans une situation de courte durée (secondes, minutes ou heures)
    2. Activités : Actions dans une situation de plus longue durée (jours, semaines, mois) représentant des éléments plus significatifs de l’engagement des individus
    3. Significations : Productions verbales des participants qui définissent et orientent l’action
    4. Relations : interrelations entre plusieurs personnes considérées simultanément
    5. Milieux : l’ensemble du milieu à l’étude, conçu comme unité d’analyse.
  • Bogdan et Biklen (1982) :
    1. Milieu/contexte : information générale sur l’environnement
    2. Définition de la situation : comment on définit le contexte des thèmes
    3. Perspectives : manières de penser, orientations
    4. Manière de percevoir les personnes, les objets : (plus détaillé que « perspectives »)
    5. Processus : séquences, flux, changements dans le temps
    6. Activités : types de comportement revenant régulièrement
    7. Evènements : activités spécifiques
    8. Stratégies : façon d’accomplir les choses
    9. Relations et structure sociale : réseaux officieux
    10. Méthodes : questions liées à la recherche

Révision des codes (p.120) : Ne pas hésiter à les réviser… si trop de codes, trop de segments avec le même code ou plusieurs codes…. il faut alors fragmenter les codes en sous-codes. Des codes émergent également en cours de route (enracinement empirique). Ces révisions portent des noms selon leur nature tels que « insertion » (ajout ou reconstruction de la structure), « extension » (reprise du matériel codé avec une analyse à l’aide de nouvelles catégories/codes)

Choisir l’unité d’analyse : la phrase ou le bloc de phrases généralement…

Les codes inférentiels n’ont pas besoin d’être exhaustifs, ils visent des illustrations exemplaires explicatives, mais pas la totalité des exemples.

Qualité des codes et conseils :

  1. Ils sont définis précisément, de manière opérationnelle, et sont sans équivoque.
  2. Ils sont issus et adaptés aux questions de recherche, et aux « boites » de variable conceptuelle.
  3. Se dire à chaque fois : QU’EST CE QU’ON CHERCHE ICI ?
  4. Ils limitent le double codage des segments, qui est à éviter. Sauf si le codage est à la fois descriptif et inférentiel.
  5. 5 à 10 codes par page est une limite ! Sinon revoir les codes.
  6. Ils doivent posséder un certain ordre conceptuel ou structurel (p.121) : un réseau conceptuel avec une certaine consistance théorique.
  7. Ne pas chercher à coder les notes dans leur intégralité afin de maintenir un taux de déchets bas. 2/ S’assurer que les codes s’insèrent bien dans une structure, qu’ils sont reliés à d’autres codes ou s’en distinguent de façon significative. Prendre des codes proches sémantiquement des termes qu’ils représentent.

Les mémos

  • Ce sont des notes, des « communications » (p.140). Elles ont une intention de conceptualisation. Au delà de rapporter des données, elles relient différents éléments ou illustrent un concept général à partir d’un élément. Pour Glasser (1978), c’est une théorisation rédigée des idées sur les codes et leurs relations.
  • C’est la priorité et la source de plaisir : s’arrêter en cours de lecture lorsqu’une idée surgit, rédiger librement, sans censure…
  • Les dater, les intituler selon le concept-clé qu’ils recouvrent, les rattacher à des endroits précis du corpus. Ils doivent être classables.
  • Leur production est continue.
  • Les classer suivant le concept qu’ils recouvrent, créer des catégories si besoin.
  • Si besoin, classer et résumer les mémos, comparer, condenser…

Les résumés (de notes, d’entretiens, de réunions…) :

  • Faire un canevas de document (p.148)
  • Pour faire une analyse intermédiaire (avec extrait des données)

 Les 4 cauchemars du chercheur dans l’analyse des données :

  1. Les données sont mauvaises (ne mesure pas ce qui était censé être mesuré)
  2. Il y a erreur systématique de mesure sur les mesures les + importantes (Ex. réponses biaisées)
  3. Les conclusions paraissent dérisoires ou rebattues (« tout çà pour çà »)
  4. Les données résistent à l’analyse, sont opaques, voire insondables)

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